Déjà du nouveau sur le pôle santé

Situé au sud d’Amiens, le pôle Santé est en émergence. Un quartier qui se redessine avec l’essor immobilier, commercial et l’arrivée d’une nouvelle voie d’accès. Du côté économique, la dynamique est déjà enclenchée. Exemples…

Le pôle Santé : un éco système pour booster les entreprises

Le Sud d’Amiens se structure autour d’un pôle dynamique qu’Amiens Métropole et la CCI Amiens-Picardie veulent rendre attrayant et stratégique pour les entreprises innovantes.

Pour se développer et gagner des marchés une entreprise a besoin d’espaces sur un site stratégique, d’équipements performants, d’un environnement concentrant de nombreux savoir-faire et services et du soutien des institutions. Tous ces atouts, les entreprises innovantes de la santé ou de la nutrition du futur les trouveront sur le pôle santé.

« Le pôle santé est la transcription géographique de l’axe santé de notre Pacte pour l’emploi et l’innovation qui doit permettre de relancer l’entrepreneuriat sur le territoire. Tout naturellement, nous nous appuyons sur la notoriété et les compétences du CHU dont SimuSanté et la Biobanque mais aussi de la Faculté de médecine et d’autres acteurs de proximité comme le Pôle de cliniques privées et le Centre hospitalier Pinel pour créer une synergie, soutenue par le Cluster e-santé Le Bloc », explique-t-on à Amiens Métropole.

En Effet, ce cluster travaille comme un pôle de compétitivité apportant expertise et mise en réseau pour promouvoir le travail collaboratif et décrocher des marchés. Pour preuve, l’appel à projets en cours SmarthHealth pour développer des projets transfrontaliers innovants dans la santé numérique entre le sud du Royaume-Uni et le Nord de la France. De même, du côté nutrition du futur, le site s’appuie sur des acteurs majeurs du secteur (voir page suivante). Un rayonnement renforcé par la nomination récente de Stéphan de Butler d’Ormond, président du groupe Victor-Pauchet, à la présidence du groupement national SantéCité, coopérative de cliniques privées.

Des terrains, des services, un réseau

Amiens Métropole et la CCI veulent être facilitateur d’implantation pour les entreprises du B to B. 5 hectares sont disponibles rapidement sur le site avec des terrains allant de 1000 m² à 15 000 m², des locaux adaptés sont également proposés dans le BioL@b (voir encadré) et les salariés trouveront sur place tous les services de proximité (crèches, restauration, commerces…). Un véritable écosystème parfaitement desservi par le futur Bus à Haut Niveau de Service et le barreau routier qui permettra un accès direct à la rocade et à l’autoroute. Les entreprises OrthoRobs et le Mipih déjà implantées ne s’y sont pas trompées. Elles bénéficient de la notoriété du pôle et participent à sa dynamique sans oublier l’accompagnement des institutions pour accélérer les démarches, faciliter les recrutements, mettre en réseau…

Amiens Metropole
Hugues Fournet Tél. 03 22 97 15 58
contactpolesante@amiens-metropole.com



BioL@b : un cocon pour les entreprises

Pour répondre aux entreprises qui cherchent des locaux, la CCI Amiens-Picardie propose près de 1 800 m² de bâtiment au cœur de ce pôle santé au sein de BioL@b. « Nous avons fait le choix d’y installer à la fois un hôtel d’entreprises, un incubateur et une pépinière afin de permettre au plus grande nombre de bénéficier de cet emplacement stratégique et d’un accompagnement sur-mesure ». Spécialisé dans la santé et la nutrition du futur, cet espace accueille déjà l’HDFID (ex Agence régionale de la recherche et de l’innovation), l’Ifria (formation de la filière alimentaire) et le CTCPA (centre technique agro-alimentaire). Finalisé au second semestre 2019, il proposera côté incubateur et pépinière 342 m² de bureaux et 228 m² de laboratoires et côté hôtel d’entreprises, un atelier de 273 m² et 593 m² de bureaux, sans oublier des espaces communs.

Delphine Lemaire
CCI Amiens-Picardie
Tél. 03 22 82 22 44

Ulrich Berthe Acrhitecte

L’institut Faire Face se profile

Imaginé dès 2009, suite à la première greffe partielle de visage en 2005 par le Professeur Bernard Devauchelle, l’Institut Faire Face (IFF), centre de recherche sur la défiguration va bientôt sortir de terre près du CHU.

« Depuis l’émergence du projet, les soutiens se sont multipliés d’abord par la Région et l’Europe, mais aussi à l’international. Aujourd’hui, grâce au statut de Fondation de coopération scientifique, réunissant des acteurs privés grâce à des partenariats industriels et des acteurs publics dont le Conseil régional, le CHU, Amiens Métropole, l’UPJV et l’UTC de Compiègne, l’institut va enfin voir le jour. Nous avons beaucoup de chercheurs qui sont impatients de continuer le travail », explique Bernard Devauchelle le fondateur de l’IFF.

Car si le bâtiment de 4 500 m² ne sortira de terre qu’en 2021 avec un bloc opératoire de chirurgie expérimentale, une plateforme d’imagerie, robotique et ingénierie tissulaire, un amphithéâtre, une galerie d’exposition et des espaces modulables, les recherches, elles, ont déjà commencé. Pour preuve l’Unité de recherche Chimère qui regroupe 55 chercheurs de l’UPJV et mise sur la multidisciplinarité pour faire progresser trois axes majeurs : la chirurgie et les biomatériaux, l’imagerie au service de la recherche et la régénération (cellules souches).

« Nous travaillons déjà étroitement avec la Suisse, Paris ou Boston par exemple. Cet institut permettra surtout de réunir les hommes et le matériel sur un même site ou à proximité afin de faciliter et d’accélérer la recherche. D’inviter par exemple des chercheurs sur un programme précis de plusieurs années pour mener des travaux », précise Bernard Devauchelle.

Un investissement majeur

Le bâtiment représente un investissement de 14,5 millions auxquels il faut ajouter 11 millions pour les équipements. Le défi est donc aussi économique car il faut que l’IFF soit rentable, ce qui veut dire mise sur le marché de nouvelles molécules ou dispositifs médicaux et mise en place de programmes d’enseignements. Un défi qui ne fait pas peur au Professeur Devauchelle : « Nous avons le savoir-faire, il faut le faire savoir ! L’Institut Faire Face peut devenir l’épicentre d’un réseau européen et international de recherche et de formation en chirurgie faciale, ce qui peut faire rayonner notre région. Une région légitime pour ces recherches puisqu’elle a été marquée dans son histoire par la Grande Guerre et les Gueules Cassées », confie le Professeur.

https://institut-faire-faces.eu
Architectures Studio


Une nouvelle dimension pour le GIP MiPih

A la fin du mois, les 160 collaborateurs du MiPih vont prendre possession de leurs nouveaux lo-caux sur le pôle santé, avant la mise en production du data center prévue en mars.

Le MiPih est le premier hébergeur français certifié de données de santé (certification HDS). Avec son nouveau data center, le Groupement d’intérêt Public compte bien développer encore son acti-vité de services, de solutions et de conseil dans le secteur des systèmes d’informations de santé.

« Le MiPih s’inscrit dans une démarche d’innovation collaborative, travailler ensemble pour innover et se développer, est dans notre nature », confie Marie Claire Larose, directrice du projet. C’est donc tout naturellement que lorsque le MiPih a eu besoin de s’agrandir, il a choisi le pôle santé à proximi-té de ses partenaires locaux dont le CHU Amiens-Picardie et l’UPJV Amiens Picardie. Acteur impliqué dans le Cluster e-santé Le Bloc, le MiPih espère aussi booster et soutenir les startups inno-vantes et pourquoi pas « devenir un fer de lance ».

De l’ambition à revendre

Pour l’heure, il s’agit de profiter des 2 600 m² de nouveaux locaux tertiaires, et des nouvelles capa-cités du data center de 1 200 m², tous deux classés HQE RT 2012, pour dynamiser l’activité. Un in-vestissement de 12 millions d’euros, soutenu par le Conseil régional, la caisse des dépôts, et Amiens Métropole. Un projet bien intégré dans l’urbanisme local puisque le data center sera rac-cordé à la chaufferie d’Intercampus et participera donc par ses calories au réseau de chaleur d’Amiens Energies.

« Nous nous sommes engagés à embaucher quarante personnes supplémen-taires sur trois années, la démarche est presque finalisée. Notre certification HDS, gage de qualité et de sécurité, nous permet de développer notre activité, d’attirer de nouveaux clients et de ce fait de nouveaux collaborateurs », précise Marie Claire Larose.

Le MiPih, c’est 560 collaborateurs au sein de quatre agences en France (dont 160 à Amiens). Le GIP compte 530 adhérents, établissements de santé de tout type, CHU, Centres Hospitaliers, EPHAD, établissements psychiatriques… A ce jour, 315 établissements hébergent leurs données au MiPih. Le nouveau data center d’Amiens a été pensé pour être évolutif et pouvoir répondre à la demande face au développement de l’intelligence artificielle et du Big Data. « Nous envisageons également d’élargir notre offre à d’autres activités que la santé », confie Marie Claire Larose.

www.mipih.fr

Alimentation du futur - Des labos au service des entreprises

Le pôle santé s’appuie aussi sur des savoir-faire et des compétences ancrées sur notre territoire. Exemple avec deux laboratoires dont la réputation est déjà internationale.

En 1998, quand Extractis, qui s’appelait à l’époque Centre de Valorisation des Glucides et produits Naturels, s’installe rue Paul-Claudel, il n’y a que des champs aux alentours. Aujourd’hui au cœur d’un quartier en pleine mutation, cette bio raffinerie du végétal affiche une belle réussite.

« Notre métier s’articule autour de l’innovation avec le développement de procédés techniquement et éco-nomiquement viables pour les entreprises et depuis 12 ans, la production pour le compte de tiers principalement en arômes, compléments alimentaires et actifs cosmétiques », explique Philippe De Braeckelaer, directeur général adjoint.

Avec 33 permanents et un budget de 5,2 millions d’euros (dont 87 % de contrats privés), Extractis offre son expertise à une centaine de clients par an, de la startup au grand groupe, dont 15 % à l’international.

« Depuis quelques années, la bioéconomie explose ce qui nous donne une réalité industrielle avec comme point fort notre expérience de l'innovation autour de la biomasse végétale ».

Pour Extractis, s’inscrire dans un pôle santé ne peut être que bénéfique : « C’est confidentiel, mais nous travaillons déjà avec l’industrie de la san-té, nous pouvons apporter notre connaissance des acteurs et des tendances du marché. Faire partie d’un cluster santé peut aussi nous permettre de recréer des liens avec l’UPJV, le CHU et les savoir-faire académiques. De plus, il ne suffit pas d’être bon, il faut aussi le faire savoir ! Cette dynamique du territoire est importante en termes d’attraction et de valorisation des compétences locales. On a tous à y gagner », conclut Philippe De Braeckelaer.

S’appuyer sur les acteurs locaux

De même, la plateforme technologique agro-alimentaire de Picardie fait partie des compétences ancrées localement.

« Nous sommes implantés près de la rue Paul-Claudel depuis 11 ans et l’on collabore déjà avec nos voisins Extractis ou Improve. Le travail collaboratif en réseau est forcément bénéfique. A l’avenir, il faudra toujours des produits plus sains et plus propres, nous travaillons avec les industriels dans ce sens… », explique Arnaud Briqué, directeur de la plateforme.

Agriculteurs, maraîchers, PME et grands groupes de l’agro-alimentaire viennent chercher ici des outils, des services et un accompagnement dans la formulation de préparations culinaires, qu’ils peuvent aussi fabriquer sur place en petites séries ou en pré séries (huile, jus, sauce tomate…).

D’autres viennent tester et valider des techniques et du matériel de fabrication. La plateforme, qui a déjà connue une extension il y a deux ans, répond donc à la fois à une demande très locale mais aussi nationale, une quarantaine de personnes travaillent sur le site.

Avec le pôle Santé, Arnaud Briqué voit d’un bon œil l’arrivée du barreau routier et l’accès direct à l’autoroute offrant une nouvelle accessibilité à sa plateforme technologique.